Que faire à Bilbao quand il pleut,
l'art de se laisser imprégner
Ici, la pluie a son propre nom : « sirimiri ». Ce fin rideau qui ne mouille pas vraiment et qui a façonné le caractère de cette ville autant que le fer ou la ria. Bilbao ne se défend pas contre la pluie ; elle cohabite avec elle. C’est pourquoi, lorsque le ciel s’assombrit, la ville ne s’éteint pas : elle change de décor et se déplace vers ses musées, ses bars et ses cafés.
Voici notre guide pour passer une journée pluvieuse à Bilbao. Elle pourrait bien s'avérer être la meilleure de tout le voyage.
Des musées où règne le calme qu'ils méritent
Une journée pluvieuse est le meilleur prétexte pour enfin entrer là où l'on passe toujours son chemin.
Le musée Guggenheim de Bilbao est encore plus beau par temps couvert : le titane de Gehry perd de son éclat et dévoile une autre parure, qui rappelle davantage l’acier des chantiers navals dont cette ville garde un souvenir vivace. À l’intérieur, ses salles permettent de passer une matinée entière à découvrir l’art contemporain sans jeter un seul coup d’œil par la fenêtre.
À quinze minutes à pied, le Musée des Beaux-Arts abrite l'une des collections les plus complètes du nord de l'Espagne, allant du XVIe siècle à la peinture basque contemporaine. C'est un musée à visiter sans se presser, de ceux que l'on apprécie d'autant plus que l'on prend son temps.
La ria, même avec un parapluie
Ce n’est pas parce qu’il pleut qu’il faut renoncer à l’eau. La ria reste l’axe qui structure Bilbao, et une bonne partie de son parcours urbain, du pont Zubizuri aux abords du Guggenheim, se parcourt aisément sous un parapluie ou à l’abri des arcades. Il y a quelque chose de typiquement bilbaïen à se promener au bord de la ria par une journée grise : la ville se dévoile telle qu’elle se perçoit depuis des siècles.
Le bar, un havre de paix : les pintxos dans le Casco Viejo
S'il existe un programme spécialement conçu pour les jours de pluie, c'est bien celui-ci. Le Casco Viejo concentre les meilleurs bars de la ville dans des rues telles que la Somera, la Barrenkale ou autour de la Plaza Nueva, à quelques pas de l'hôtel. Le rituel est simple et s'est perfectionné au fil des générations : se mettre à l'abri, commander une « gilda » et un « txakoli », regarder la pluie tomber depuis l'intérieur, puis passer au bar suivant dès qu'elle s'atténue. À Bilbao, ce n'est pas attendre que la pluie cesse : c'est le programme.
L'Ensanche couvert : boutiques et cafés
La Gran Vía et ses rues adjacentes permettent de passer un après-midi de shopping presque sans avoir à ouvrir son parapluie, entre les enseignes internationales, El Corte Inglés et les commerces de quartier. Et lorsque l'envie d'une pause se fait sentir, le quartier d'Abando regorge de cafés de spécialité où l'on peut s'attarder sans remords, avec un livre ou simplement en regardant passer les gens.
Azkuna Zentroa : le joyau des jours maussades
S'il fallait choisir un seul intérieur à Bilbao, ce serait celui-ci. L'Azkuna Zentroa, l'ancienne halle aux vins de la ville, a été réinventée par Philippe Starck autour de 43 colonnes, dont aucune ne se ressemble. Aujourd’hui, il accueille des expositions, un cinéma et des coins où l’on peut simplement se détendre. C’est l’un de ces lieux qui expliquent Bilbao mieux que n’importe quelle brochure : un bâtiment chargé d’histoire que quelqu’un a su regarder d’un œil neuf.
Bilbao en gris, c'est Bilbao dans sa version originale
La pluie n'est pas le plan B de cette ville : elle fait partie intégrante de son identité. Lorsque le ciel est couvert, Bilbao est moins bondée, plus authentique, plus proche de son essence même. De nombreux voyageurs se rendent compte que leur plus beau souvenir de la ville s'accompagne d'une bande-son de bruine.
Et si la journée invite à rester à l'intérieur, autant que ce soit dans un bâtiment qui a lui aussi des histoires à raconter. Au Tayko Bilbao, la pluie qui tambourine contre les baies vitrées du Casco Viejo fait partie intégrante de l'expérience.
Tayko Bilbao. Le début de ton histoire dans la ville.