Séville : un week-end placé sous le signe de l'histoire, du rythme et de l'essence même de l'Andalousie
On arrive à Séville avec un programme en tête et on en repart avec un autre. La ville a son propre rythme, celui de la lumière qui rythme les heures et des places qui invitent à faire une pause, et un week-end est la durée idéale pour le découvrir : le samedi pour l'essentiel, le dimanche pour ce dont presque personne ne parle. Voici notre proposition de deux jours au départ de la Puerta de Jerez, avec un itinéraire entièrement à pied.
Samedi : le cœur historique et le fleuve
La matinée du samedi commence là où la ville fortifiée a vu le jour : le quartier de Santa Cruz, l'ancien quartier juif. Il vaut mieux y entrer tôt, quand les patios sentent encore l’eau fraîche et que la lumière tamisée se faufile entre les orangers. C’est l’accueil le plus sévillan qui soit, et aussi le plus silencieux ; une heure plus tard, le quartier appartient déjà à tout le monde.
De là, une courte promenade permet de découvrir les trois grands monuments : la cathédrale de Séville, la plus grande cathédrale gothique du monde, avec la Giralda qui se détache dans le ciel ; et le Real Alcázar, le plus ancien palais encore en usage d'Europe, où l'art mudéjar et les jardins aquatiques méritent que l'on y consacre la plus grande partie de la matinée. Une remarque pratique incontournable : les billets doivent être réservés à l'avance, quelle que soit la période de l'année.
L'après-midi, le rythme ralentit. Les Archives générales des Indes, classées au patrimoine mondial, abritent dans leur halle de style Renaissance huit kilomètres de rayonnages contenant la mémoire écrite de l'Amérique : les lettres de Colomb et de Cervantes y reposent, à quelques mètres des terrasses. Ensuite, la promenade longe le Guadalquivir jusqu’au moment qu’aucun premier voyage ne devrait manquer : traverser le pont de Triana au coucher du soleil, lorsque le fleuve reflète les dernières lueurs et que l’autre rive allume ses bars. Dîner à Triana est la conclusion tout naturellement.
Dimanche : la Séville qui se cache derrière les cartes postales
Le dimanche appartient à l'autre Séville, celle qui commence là où s'achève le circuit.
La matinée commence sur la Plaza de España, cette immense étreinte de briques et de céramique érigée pour l'Exposition ibéro-américaine de 1929, et se poursuit sans transition dans le parc María Luisa, ce jardin romantique où les Sévillans passent leurs dimanches entre les kiosques et les fontaines. C’est le meilleur moment de la semaine pour les observer : la place baignée par la lumière du matin et le parc animé par la vie locale.
De retour vers le centre-ville, le Musée des Beaux-Arts est la visite incontournable pour le voyageur curieux : la deuxième pinacothèque d’Espagne, avec des œuvres de Murillo, Zurbarán et Valdés Leal, installée dans un ancien couvent dont les cours valent à elles seules le prix d’entrée. Et pour finir, le quartier de la Macarena dévoile la Séville du quotidien : la basilique dédiée à sa Vierge, le tronçon le mieux conservé des remparts almohades et une ambiance de quartier qui ne se donne pas en spectacle pour personne.
Dormir là où tout commence
La Puerta de Jerez a été pendant des siècles l'une des entrées de la ville fortifiée : c'est par là que l'on passait du fleuve à Séville. Tayko Sevilla occupe aujourd'hui ce même seuil, avec la cathédrale, l'Alcázar et le quartier de Santa Cruz à quelques pas, et le Guadalquivir comme premier paysage du matin. Les deux journées de cet itinéraire commencent et se terminent à ce carrefour, comme cela s'est fait pendant des siècles.
Deux jours, ça laisse le temps de faire beaucoup de choses dans une ville où l'on se déplace à pied. Et ce qu'il reste à voir n'aura pas à attendre bien longtemps.
Tayko Séville. Le début de votre histoire dans la ville.