Séville en une journée, la ville que l'on parcourt en suivant la lumière
Séville ne se mesure pas en kilomètres, mais en heures de lumière. Tout ce qui est essentiel tient dans une simple promenade, à condition d'accepter le rythme imposé par la ville : celui de celui qui marche pour le plaisir et s'arrête quand quelque chose le mérite, ce qui arrive souvent ici.
Cet itinéraire commence et se termine à la Puerta de Jerez, au bord du Guadalquivir, à l'entrée de Tayko Sevilla. Entre les deux, deux mille ans d'histoire de la ville condensés en une seule journée.
Demain : le fleuve et les trois monuments
La journée commence sur les rives du Guadalquivir, face à la Torre del Oro, cette tour de guet almohade qui, pendant huit siècles, a vu les flottes mettre le cap sur l'Amérique et revenir chargées de trésors du monde entier. C'est un endroit idéal pour comprendre Séville avant d'y pénétrer : pendant plus d'un siècle, cette ville a été la porte d'accès à tout un océan.
De là, quelques minutes de marche suffisent pour rejoindre le cœur monumental de la ville. La cathédrale de Séville, la plus grande cathédrale gothique du monde, a été érigée sur l’ancienne grande mosquée avec une ambition que ses propres chanoines ont consignée par écrit : construire un édifice tel que ceux qui le verraient les prendraient pour des fous. La Giralda, cet minaret transformé en clocher, résume en un seul édifice les deux villes que Séville a été.
Juste en face, le Real Alcázar mérite une visite plus approfondie en début de matinée : il s'agit du plus ancien palais encore en usage d'Europe, un chef-d'œuvre de l'art mudéjar, avec des jardins où l'eau rafraîchit la ville depuis mille ans. Il est conseillé de réserver son billet à l'avance ; les places du matin sont rapidement épuisées.
La matinée s'achève en se perdant – et le terme est littéral – dans le quartier de Santa Cruz : l'ancien quartier juif, un dédale de ruelles conçu pour offrir de l'ombre, où chaque petite place ressemble à une cour et chaque cour, à un secret.
Midi : la tapa, la référence absolue
À Séville, on ne déjeune pas : on fait la tournée des tapas, ce qui est à la fois une façon de manger et un art de vivre. La rue Mateos Gago, avec la Giralda en arrière-plan, et les bars aux alentours de la cathédrale proposent le répertoire classique : jambon ibérique, salmorejo, poisson frit. La règle locale est simple : mieux vaut deux tapas dans deux endroits différents qu’un menu dans un seul.
Pour une halte plus longue, le marché « Lonja del Barranco », installé dans une structure en fer du XIXe siècle au bord du fleuve, propose une offre variée, avec les voiles de Triana de l'autre côté de l'eau.
L'après-midi : la place qui séduit et le quartier qui chante
À la première ombre de l'après-midi, la promenade se poursuit vers le parc María Luisa, le grand jardin romantique de la ville, et débouche sur la place d'Espagne. Construite pour l’Exposition ibéro-américaine de 1929, c’est l’un des rares endroits qui surpassent leurs photos : une étreinte de briques et de céramique de deux cents mètres de diamètre, avec ses bancs en azulejos représentant chaque province espagnole. Il convient de chercher la sienne et de s’y asseoir un instant ; c’est un rituel que les voyageurs espagnols répètent sans s’en mettre d’accord.
En revenant vers le fleuve, cela vaut la peine de traverser le pont d’Isabelle II pour se rendre à Triana, le quartier qui a donné à Séville une grande partie de ses céramistes, de ses toreros et de son flamenco. Son marché, érigé sur les ruines du château de l'Inquisition, ses boutiques de carreaux de faïence et sa promenade au bord du Guadalquivir permettent de découvrir la ville depuis son autre rive, ce qui correspond à la façon dont Triana a toujours préféré regarder Séville : d'égal à égal.
Soirée : flamenco puis retour à la maison
La journée peut se terminer par un dîner dans le centre-ville ou à Triana même et, si vous en avez encore la force, par un spectacle de flamenco, qui, à Séville, n’est pas un simple souvenir folklorique mais un art vivant apprécié par le public local. Les tablaos des quartiers de Santa Cruz et de Triana proposent des spectacles tous les jours.
Le retour est le dernier atout de la journée : quel que soit l'endroit où l'on se trouve sur le parcours, Tayko Sevilla n'est qu'à quelques pas. Tout l'itinéraire a été parcouru à pied, sans moyen de transport et sans compromis, et la chambre nous attend au bord de la rivière, là où la matinée a commencé.
Tayko Séville. Le début de votre histoire dans la ville.